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Aujourd’hui, chez moi, en confinement depuis quelques semaines, j’écoute de la musique forte pour m’aider à rester dans le moment présent, pour m’aider à vivre toutes sortes d’émotions qui se bousculent à l’intérieur de moi. La musique me fait un bien fou. Tout d’un coup, j’ai peur. J’ai peur que ma musique dérange le locataire qui habite au-dessus de chez moi. Je baisse la musique.

 

Il y a longtemps que je n’ai pas pensé à ma liberté.

Suis-je libre?

Suis-je une personne libre dans sa vie?

La réponse est non, bien sûr.

Est-ce que quelqu’un est libre ici?

Qu’est-ce que la liberté, la vraie liberté?

Et puis je me demande, presqu’avec effroi et en retenant mon souffle à l’idée d’une possible réponse négative :

Ai-je déjà ressenti le vrai sentiment de la liberté?

Silence. Puis je respire à nouveau. Oui! Fiou! Absolument! J’ai déjà vécu la liberté. Et vous?

 

Sommes-nous vraiment libres?

J’ai déjà vécu la liberté… Mais suis-je libre tous les jours? Non, je ne crois pas que je suis libre, que NOUS sommes libres.

 

Dès l’enfance, la liberté se coupe furtivement de notre être, petit à petit, sans que nous ne nous en rendions compte. Et ce n’est de la faute de personne. On nous apprend à faire cela comme il faut, à ne pas faire ceci de cette manière, à respecter un horaire construit par les autres, à faire des gestes qui respectent nos conventions sociales, etc.

 

Puis nous conservons tout ce bagage de murs et de labyrinthes qui nous ont probablement opprimés dans le passé, même si on ne s’en souvient plus trop, et nous répétons ces constructions constamment dans nos choix de vie. On désire pourtant faire pour le mieux, c’est vrai. Mais on se retrouve malgré tout perpétuellement dans des structures opprimantes : le couple, le travail, l’horaire, les loisirs structurés, etc.

 

Le tout se retrouve en plus enseveli de choses matérielles à n’en plus finir, pour essayer de combler d’une certaine façon notre manque flagrant de liberté. Mais la vérité est que nous n’en possédons pas la clé, et nous ne la posséderons jamais d’ailleurs. En effet, nous vivons tous en groupe défini et devons maintenir un équilibre social. Bien sûr, chaque personne ne le vit pas de la même manière, ressentant ces murs parfois plus hauts, parfois plus bas.

 

Retrouver ma liberté dans la forêt

Mais à travers cela, il y a des petits moments éternels de liberté, de vraie liberté.

Pour moi, la liberté, c’est surtout dans la forêt que je la trouve.
Je n’ai pas besoin de partir des jours dans la forêt profonde pour ressentir la liberté.
Il suffit d’une marche, d’un rayon de soleil, de la fine pluie, d’une odeur de sapin…

 

Je respire profondément et je me sens libre.

Libre d’être qui je suis devant la vie qui se perpétue,
Libre de chanter,
Libre de ne rien dire,
Libre de plonger dans mes pensées les plus sinueuses,
Libre de me sentir vivante,
Libre que tous mes sens s’expriment,
Libre de ne penser à rien,
Libre de laisser mon cœur et le centre de mon être rayonner avec une lumière unique, la mienne.

 

La générosité de la forêt me surprend à chaque fois! Parfois je me dis que ça doit venir de son immense beauté, qui dépasse ce que l’on appelle la perfection. C’est plus grand et plus vaste que ce que mes yeux voient et mes oreilles entendent. Et c’est peut-être cette grandeur de la nature, dont je ne perçois ni les limites ni l’ampleur de toute sa signification, qui m’apporte la liberté après tout, qui sait.

 

Je sais que chaque personne trouve sa propre liberté, petite ou grande, à différents endroits et différents moments. Et vous, où trouvez-vous votre liberté?

 

. . .

 

C’est dans ces pensées que je reviens à mon appartement et à ma musique. Rien n’est perdu, il y a des solutions à tout. Je prends mes écouteurs, et j’écoute ma musique forte 🙂

Mon métier, je l’adore! Je suis naturaliste (et non, pas « naturiste », ça revient souvent ☺), depuis plus de 20 ans. Ce que je fais? J’accompagne les gens dans la forêt et je propose des tours guidés, en groupe ou privé. Depuis toutes ces années, j’ai la chance de la voir souvent, cette nature qui se dévoile dans tous ses états. Souvent accueillante, parfois hostile mais toujours généreuse. Je l’aime et j’en ai besoin comme une extension de mon âme qui continue de se chercher à travers une époque de labyrinthes de verre, de routes trop larges et de petits sentiers secrets salvateurs que l’on découvre en se trompant de chemin.

 

Qui parle en premier?

 

J’ai la chance de discuter avec des gens qui ont aussi des étoiles dans les yeux, comme moi! En tant que naturaliste, je communique, j’explique, je partage ce que je connais des éléments de cette grande entité dont nous faisons bel et bien partie.

 

Avec le temps, j’ai appris à ne plus débuter mon discours par mes connaissances ou selon un scénario tout écrit. Je sais que, même si je suis en tête de file, je ne suis pas la première. La première, c’est elle, la forêt, la mer, la nature. Alors, je la laisse nous parler en premier. C’est elle qui nous ouvre la porte, elle a donc le premier mot! Quelle est l’ambiance? Comment est l’accueil aujourd’hui? Que nous dévoiles-tu? Que dis-tu? Quelle est ta « vibe » ce matin?

 

La forêt nous parle, et même beaucoup

 

Certains diront que la nature ne peut pas parler. Qu’elle ne peut pas nous dire ce qu’elle aimerait vraiment que l’on sache. Que mon métier de naturaliste est de parler à la place de l’arbre ou de la plante qui n’a pas de bouche pour s’exprimer. Aujourd’hui, ce n’est pas ce que je pense.

 

Je dirais que la forêt nous parle, et même beaucoup. Elle vibre aussi, elle crie parfois, mais elle chante la plupart du temps. En fait, les messages sont nombreux et en capter des bribes de temps en temps est un cadeau immense. Souvent je me fais la réflexion que j’aimerais vivre très longtemps pour que mes oreilles aient le temps de s’aiguiser correctement, de s’harmoniser à cette grande musique, cet orchestre profond. Les oreilles et le cœur aussi bien sûr…

 

Mon rôle en tant que naturaliste

 

Mais alors qui suis-je moi, naturaliste dans ces bois, sur ce sentier, avec ce groupe de gens qui sont là et qui me suivent? Les premières années, lorsqu’on apprivoise le métier de naturaliste, c’est toujours la même chose : on raconte tout ce que l’on sait. Ce que l’on a appris à l’université, dans les livres, bref, on veut épater les gens (se rassurer aussi). Ça nous permet de nous positionner comme une référence de « connaissance ». Jusque là, il n’y a pas encore de pont.

 

Ensuite, on devient traducteur et traductrice car on comprend un peu plus le sens et on fait plus de liens. On quitte alors la divulgation de connaissances spécifiques pour rentrer davantage dans la globalité des choses. On peut alors axer encore plus l’interprétation vers l’expérience de chaque personne dans la grande nature où chacun et chacune possède son propre lien affectif. En réalité, personne ne voit le tableau de la même manière et le respect de cette règle est important. Le pont est là. Puis, plus tard, avec les années, les choses changent encore.

 

Savoir être pour savoir guider

 

Maintenant je sais que, au-delà des mots qui sortent de ma bouche et des éléments que je pointe pour montrer aux autres, je me transforme encore. Avez-vous lu Siddhârta de Herman Hess? Ce livre m’a beaucoup marqué lorsque j’étais à l’école. Tranquillement, je comprends que mon rôle est simplement d’être. Comme l’était celui du passeur dans la barque, avec la main tendue, pour accompagner les gens d’une rive à l’autre. Ce passage se fait en harmonie avec ce qui est là, pour nous et avec nous, parfois avec des mots, et parfois dans le silence.

 

De plus en plus enracinée, je m’occupe simplement d’ouvrir des portes. Je veille à ce que chacun et chacune trouve exactement ce dont il a besoin, sans forcer, sans intention vraiment (autre que la joie et bien sûr un encadrement solide). C’est de cette façon que les liens s’opèrent au maximum. À ce moment, et seulement là, je crois, ce chant que la nature nous offre peut réellement être entendu.

 

C’est aussi dans cette philosophie que j’ai développé les produits Secrets des bois. Ils ont comme objectif de vous ouvrir une porte de plus vers la nature. Plus précisément, ces produits naturels se veulent une autre façon de découvrir ou redécouvrir la forêt québécoise. 

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